Fin des années 90, une boum dans un garage. On y voit des jeunes au style vestimentaire et capillaire douteux vautrés sur des canapés pourris. Certains s’embrassent, d’autres mangent les dernières chips disponibles.
[SUNDAY, VOIX OFF]
Quand j’avais 14 ans, tout était clair dans ma tête. Quand tu embrasses un mec, c’est que tu « sors » avec lui. C’est extrêmement pratique comme expression, et ça fait moins vulgaire que « rouler des pelles » ou moins culcul qu’ « embrasser ». Cette commodité dans l’expression nous permettait de « sortir » avec quelqu’un pendant 2 heures, ou 2 jours. Genre « Ouais, chuis sortie avec Thomas à la soirée d’anniv de Luc, c’était trop bien mais je lui ai dit que je voulais pas gâcher notre amitié, tu vois, alors on a cassé ». Casser, c’est drôle aussi. L’expression, j’entends. Et casser au bout de 2 heures, pour moi, c’était juste anticiper un largage inévitable d’une Sunday plate au profit d’une Mylène déjà formée.
A cette époque, rester un mois avec quelqu’un, c’était hyper long, genre on se connaissait à fond quoi, jusqu’au moindre pustule purulent du cou de notre partenaire qui lui-même avait choppé la technique pour nous embrasser goulument sans se couper la langue sur notre appareil dentaire.